J'observais ton sourire béat sur tes lèvres; tout cela sonnait faux, je le savais.
Je répondais par un sourire bienveillant, éclairant mon visage d'une lueur de sincérité, laissant le silence faire le vide. Je m'étais pris les pieds dans une pelotte d'amour mensonger, traînant les pieds pour m'en débarasser. J'ai bien failli croire que la seule façon de m'en dépêtrer était de me déshabiller. Jamais je n'ai pu voler, ton amour fantôme enchaîné comme un boulet à mon coeur m'entraînait vers des profondeurs abyssales, j'ai même failli toucher le fond. Je me suis perdue dans une terre d'illusions; là-bas, j'ai goûté à des saveurs amères et visité des monuments vidés de toute chaleur humaine, aux pierres froides et à la structure étroite et sévère. J'ai essayé de remplir ce vide par des mots. Le fruit de mes efforts n'étaient plus qu'un écho vulgairement amplifié. J'ai parlé longuement sans me faire entendre, j'ai étreint ton corps pour me faire comprendre. En vain. J'ai patienté des jours, mais surtout des nuits, éclairée par la faible lueur de la lune, pour que quelque chose se déclenche; une alarme prévenant l'arrivée du grand brasier dans ton coeur? J'ai prié les étoiles de s'allumer, les nuages de dévoiler la chaleur du soleil, et toi d'un jour m'aimer. J'ai même monté une échelle qui ammenait à l'éternité; je n'y suis jamais arrivée. Jamais je n'ai pu rêver, ton amour fantôme menottant mon esprit, l'empêchant de s'évader. J'ai essayé de m'enfuir, mais malgré moi mes jambes me rammenaient vers toi. J'ai essayé de pénétrer ta chair délicatement, pour accéder à ton coeur et m'y installer comme chez moi; je n'y suis jamais arrivée, ton âme étant aussi dure que la pierre de ton coeur. Tu t'es fait violence pour ne pas succomber à cette faiblesse que j'avais envers et contre tout réussie à enfouir en toi, tandis que je me faisais violence pour me persuader qu'il n'y aurait jamais une graîne d'amour en toi. Et finalement, jamais je n'ai pu t'enlever, ton amour fantôme ayant fini par me quitter...